Les succès de l’échange de connaissances à Luangwa
Les communautés de base sont de plus en plus reconnues comme des acteurs essentiels dans la lutte contre le changement climatique. Leur connaissance unique des écosystèmes locaux et leur capacité d'action collective en font des contributeurs précieux aux stratégies d'adaptation et d'atténuation du climat. Un programme d'échange de communauté à communauté entre la Fédération des femmes de Kanayama et l'Alliance des femmes de Katondwe a démontré comment les liens entre communautés peuvent renforcer de manière significative l'action climatique au niveau local.

Le programme d’échange, lancé en 2024 pour renforcer les liens entre la Fédération des femmes de Kanyama, un groupe connu pour son expertise en matière d’agriculture urbaine, et l’Alliance des femmes de Katondwe, une communauté rurale du district de Luangwa qui s’intéresse de près à l’adoption de pratiques agricoles durables, montre des signes de réussite. Cette réussite est un résultat positif pour le programme EVC, car les échanges de connaissances entre pairs s’avèrent être une approche efficace pour répondre aux défis du changement climatique, surtout si l’on considère les avantages de l’accent mis sur les connaissances émergentes et les expériences contextualisées. Cela permet de passer de l’apprentissage à l’action.

Premiers signes de réussite
Depuis l’échange, l’Alliance des femmes de Katondwe a fait des progrès considérables dans l’adoption de méthodes d’agriculture durable. Le jardinage en sac est déjà expérimenté dans plusieurs foyers, offrant aux familles une source fiable de légumes tout en conservant l’eau. Par ailleurs, la production de fumier bokashi pour les jardins en sac a été adoptée comme moyen rentable d’améliorer la fertilité des sols et de réduire la dépendance à l’égard des engrais synthétiques.
»J’ai appris que l’agriculture ne doit pas nécessairement être coûteuse. Grâce au fumier organique et au jardinage en sac, nous faisons pousser des aliments même dans de petits espaces. » – Mme Mwanza.

Le jardinage en sac : Une solution pour les milieux urbains et ruraux
Le jardinage en sac, un élément essentiel du programme d’échange, a captivé l’imagination des membres de la communauté de Luangwa qui se sont rendus sur place. Cette méthode innovante consiste à faire pousser des légumes dans des sacs empilés verticalement et remplis de terre et de fumier organique, ce qui la rend idéale pour les régions où l’espace est limité ou la qualité du sol médiocre. Les participants de Katondwe, après avoir découvert cette méthode, ont été particulièrement inspirés par la simplicité et l’évolutivité de cette technique, qu’ils reproduisent à présent dans leur communauté afin d’augmenter la production alimentaire des ménages.

Ces initiatives ont renforcé la résilience de la communauté face au changement climatique et favorisé le sens de la responsabilité collective et de l’innovation. Les membres de l’Alliance Katondwe se disent plus confiants dans leur capacité à relever les défis climatiques, grâce aux connaissances pratiques et à l’inspiration acquises auprès de la Fédération des femmes de Kanayama.
Les femmes hôtes de Kanyama sont tout aussi enthousiastes à l’égard du programme. Alice Phiri, membre de longue date de la fédération des femmes de Kanyama, raconte comment les femmes de Katondwe ont apporté de nouvelles perspectives sur l’agriculture coopérative et le partage des ressources.
»Cet échange nous a montré le pouvoir de l’unité et du partage des connaissances… il ne s’agit pas seulement d’enseigner, nous avons aussi appris du visiteur. » – Alice Phiri.
Un modèle de développement à la base
Le programme d’échange souligne l’importance des initiatives locales pour relever des défis sociétaux plus vastes tels que la pauvreté, le chômage et la sécurité alimentaire. Il démontre l’importance de créer et de renforcer les liens entre les communautés de l’EVC. Ces collaborations permettent de partager les expériences, les meilleures pratiques et les solutions adaptées aux défis uniques auxquels sont confrontées les communautés de base. En dotant les femmes de compétences pratiques et en encourageant la collaboration intercommunautaire, l’initiative s’aligne sur les efforts nationaux de la Zambie visant à promouvoir l’égalité des sexes et le développement durable.
En investissant dans ces réseaux, les parties prenantes peuvent s’assurer que l’action climatique est inclusive, efficace et durable.

Pour l’avenir, les deux groupes se sont engagés à maintenir leur partenariat par une communication régulière et des visites de suivi. Des plans sont déjà en cours pour établir un centre de démonstration commun à Katondwe, où les femmes des deux communautés pourront continuer à expérimenter et à améliorer leurs pratiques agricoles.
»Nous aimerions aider nos collègues à mettre en place un espace vert à Katondwe, comme le nôtre… Nous pouvons créer des entreprises communes pour nous soutenir mutuellement dans l’amélioration de ces centres verts. – Faides Tembo.
La voie à suivre
Le parcours de l’Alliance des femmes de Katondwe et de la Fédération des femmes de Kanayama nous rappelle avec force le potentiel que recèlent les communautés de base. Nous pouvons construire un avenir plus résilient et plus équitable en favorisant les liens, en partageant les connaissances et en responsabilisant les individus. Alors que ces femmes et ces jeunes continuent à défendre des pratiques agricoles durables, leurs efforts sont une lueur d’espoir et une source d’inspiration pour d’autres communautés confrontées aux défis du changement climatique.

Dans un monde de plus en plus marqué par l’incertitude environnementale, on ne saurait trop insister sur la valeur des liens et du partage des connaissances au niveau local. L’histoire de ces deux communautés montre que la voie du développement durable commence par l’autonomisation de ceux qui sont en première ligne de l’action climatique.
