Les femmes et les jeunes prennent le relais pour exiger l’égalité des sexes et la responsabilité sociale dans le contexte du changement climatique.
Dans la quête de l'égalité des sexes et de la justice sociale, il est impératif de reconnaître les liens étroits entre le changement climatique et les disparités entre les sexes.
Les femmes et les jeunes, en particulier ceux qui vivent dans des communautés vulnérables, subissent souvent de plein fouet les effets du changement climatique tout en disposant de moins de ressources et d’opportunités pour s’adapter. Consciente de cette situation, la Women’s Life Wellness Foundation (WLWF), partenaire local du programme Voices for Just Climate Action en Zambie, s’est donné pour mission d’aider les agricultrices et les jeunes des circonscriptions de Lukolongo et de Shimabala, dans le district de Chilanga, à s’approprier les méthodes d’adaptation dans le contexte du changement climatique.

Le WLWF met en œuvre une initiative visant à doter les agricultrices et les jeunes de connaissances et de compétences qui les aideront à s’engager auprès des décideurs politiques et des chefs civiques et traditionnels. L’initiative, soutenue par Akina Mama Wa Afrika (AMwA), soutient les efforts visant à responsabiliser les responsables et à assurer la promotion de l’égalité des sexes et de la responsabilité sociale autour des questions relatives aux fonds de développement des circonscriptions (CDF).
EXPANSION
Avec un objectif initial de 300 petits exploitants dans les circonscriptions de Lukolongo et Shimabala, Natasha explique que l’initiative s’est étendue à plus de 350 petits exploitants locaux et qu’elle devrait atteindre plus de 400 agriculteurs ruraux.
Lors d’une réunion publique organisée par le WLWF dans le quartier de Lukolongo, l’Institut Panos d’Afrique australe a visité la communauté locale pour comprendre comment le WLWF crée des plates-formes permettant aux communautés de demander des comptes à leurs responsables dans leur lutte contre la marginalisation des femmes et des jeunes.

La Women’s Life Wellness Foundation (WLWF) est à l’avant-garde de la lutte contre la marginalisation des femmes et des jeunes dans le financement de la lutte contre le changement climatique et l’aide sociale. Leur approche consiste à encourager l’engagement communautaire et à veiller à ce que les responsables soient tenus de rendre des comptes, en particulier en ce qui concerne le Fonds de développement des circonscriptions (CDF), en donnant aux communautés locales les moyens d’exiger la transparence, l’équité et l’inclusivité dans l’allocation des ressources.
RECONNAÎTRE L’INTERSECTIONNALITÉ
Le WLWF comprend que la marginalisation des femmes et des jeunes dans le contexte du financement climatique et de la responsabilité sociale nécessite une approche multidimensionnelle. Ils reconnaissent que l’inégalité entre les sexes est étroitement liée aux disparités économiques, à la vulnérabilité climatique et à l’injustice sociale. C’est pourquoi l’initiative s’efforce d’aborder ces questions de manière globale, en reconnaissant l’intersectionnalité de ces défis.

L’AUTONOMISATION DES COMMUNAUTÉS
L’un des éléments fondamentaux de l’approche du WLWF est l’autonomisation des communautés. En étroite collaboration avec la House of Ruth Foundation (HoRF), un partenaire local de l’EVC soutenu par le Fonds mondial pour la nature (WWF), les deux partenaires locaux s’engagent auprès des communautés locales pour les sensibiliser au changement climatique, renforcer leurs capacités et leur résilience. Le WLWF collabore avec le HoRF pour organiser des ateliers sur l’atténuation et l’adaptation au climat, des sessions de formation et des dialogues communautaires afin d’éduquer les femmes et les jeunes sur leurs droits et sur l’importance de l’action climatique. Grâce à ces initiatives, ils donnent aux communautés locales les moyens d’exiger des responsables qu’ils rendent des comptes.

PLAIDOYER ET SENSIBILISATION
En collaboration avec les communautés locales, le WLWF s’engage activement dans des campagnes de sensibilisation et de plaidoyer afin d’influencer les changements politiques. Ils collaborent avec des dirigeants locaux, des fonctionnaires et d’autres parties prenantes pour mettre en évidence l’impact disproportionné du changement climatique sur les femmes et les jeunes. Leurs efforts ont conduit à des discussions sur des mécanismes de financement climatique inclusifs et des mesures de responsabilité sociale qui prennent en compte les besoins et les vulnérabilités spécifiques de ces groupes.

EXEMPLES DE RÉUSSITES
Des succès notables ont été enregistrés ces dernières années dans les districts de Chilanga et de Kafue. Davantage de femmes et de jeunes participent aux processus décisionnels liés à l’action climatique et à l’allocation des ressources. Les initiatives locales en faveur de l’agriculture durable et de la gestion des ressources naturelles ont pris de l’ampleur, bénéficiant à la fois à l’environnement et aux moyens de subsistance de la communauté.

S’exprimant lors d’une réunion publique dans la circonscription de Lukolongo, Mme Mary Dimba, coordinatrice locale de la mobilisation des femmes, a mis en évidence les disparités vitales entre les sexes en ce qui concerne les critères régissant l’allocation des ressources des fonds de développement des circonscriptions (CDF). Grâce à ces plateformes organisées et facilitées par le WLWF et le HoRF, les femmes et les jeunes demandent des comptes à leurs responsables et s’engagent activement avec les décideurs politiques sur les stratégies d’adaptation liées au financement du climat.

Falecy Simwembela se réjouit que la plupart des femmes de sa communauté se soient lancées dans l’identification de solutions durables qui leur permettront d’améliorer leurs activités agricoles et même de soutenir leurs enfants à l’école malgré l’impact du changement climatique.

Grâce à ces initiatives et à des solutions locales, les femmes et les jeunes des quartiers de Lukolongo et de Shimabala sont désormais les premiers à s’attaquer à des problèmes complexes tels que le changement climatique, l’inégalité entre les sexes et l’injustice sociale. Le WLWF réalise des progrès tangibles vers un avenir plus équitable et durable dans les districts de Kafue et de Chilanga en donnant aux communautés les moyens d’obliger les responsables à rendre des comptes. Leur approche consiste à renforcer les capacités de co-création d’efforts locaux autour de la défense et de la sensibilisation afin de créer un monde plus inclusif pour tous.
