L’autonomisation des femmes par l’autocensure dans les communautés urbaines du Pará
Travailler sur le thème du changement climatique par le biais de recensements dans les communautés urbaines de l'Amazonie permet d'aborder le sujet dans leurs activités quotidiennes, en reliant les situations locales au problème mondial et en rapprochant la discussion des questions de genre, de revenu et de race, puisque les zones périphériques des communautés sont les plus durement touchées par la crise climatique.
Au cours du premier semestre 2023, la coalition »Urban Engagement in the Climate Agenda – Amazonian Voices » a réalisé un auto-census dans trois communautés urbaines : une partie de Terra Firme, à Belém, et Mapiri et Maracanã, à Santarém.
L’auto-censure est un recensement effectué par les résidents d’une communauté. Il comprend les informations traditionnellement présentes dans les recensements et les registres officiels, ainsi que les données que la communauté décide d’inclure. Dans ce cas, nous avons également inclus des questions liées au changement climatique, le thème de notre projet.
Outre le renforcement généré par la simple production de données par la communauté sur elle-même, l’auto-censure est un outil efficace de mobilisation et d’engagement communautaire puisqu’il implique la communauté dans son ensemble et permet à ses résidents de participer à un processus par lequel ils se découvrent eux-mêmes, en reconnaissant leurs particularités, leurs similitudes, leurs problèmes et leurs potentialités. En d’autres termes, l’auto-censure a pour objectif général de mobiliser et de renforcer la communauté afin qu’elle puisse être protagoniste des transformations du lieu où elle se trouve et de la vie de ses habitants.
Sur la base des résultats du recensement, les communautés pourront définir leurs priorités d’action, notamment en ce qui concerne l’atténuation des effets du changement climatique.
Un autre aspect des recensements qui a attiré l’attention est le rôle des femmes dans ces processus. En plus d’être toujours majoritaires dans les communautés, 80 % des enquêteurs du recensement sont des femmes et ce sont elles qui assument le rôle principal dans les processus de développement communautaire post-recensement.
C’est ainsi que nous travaillons, en rapprochant l’agenda climatique de la réalité des communautés et en accordant l’espace nécessaire au protagonisme féminin dans les processus de renforcement des communautés. En effet, il ne s’agit plus d’un discours pour l’avenir ; le changement climatique affecte déjà la vie dans nos villes. Il n’y paraît peut-être pas, mais il est encore temps de réagir, d’inverser certains de ses effets et d’éviter un avenir bien pire.
Pour cela, il faut s’informer, se positionner, se manifester et faire entendre ceux qui ont un pouvoir de décision. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons construire des modes d’occupation de la planète plus justes et plus équilibrés. Allons-y !
Par Amazonian Voices Coalition : Engagement urbain dans le changement climatique
